L’opposition syllabique en couleur
Dominique Garnier-Lasek - orthophoniste française – a observé l’échec des méthodes globale et phonétique, avec ses patients dyslexiques et dysphasiques. Elle a mit au point une méthode ayant pour but de soulager la mémoire de travail en évitant le passage par le phonème (son). Le découpage syllabique du mot, par l’utilisation de deux couleurs distinctes, facilite l’appréhension de la frontière syllabique. « Chaque syllabe est présentée par une couleur différente. Cette opposition syllabique a un double but : tout d’abord, faciliter le découpage syllabique des mots et ensuite, permettre de distinguer visuellement les syllabes d’un seul coup d’œil. Il est vrai que la prise d’indices visuels est souvent faible chez les enfants dysphasiques et dyslexiques. L’enfant identifie beaucoup plus facilement la syllabe qu’il a automatisée si elle se distingue nettement sur le plan visuel des syllabes voisines par la couleur».


Les éditions Atouludik ont conçu une approche similaire dans leurs livres de première lecture pour enfants de 6 à 8 ans. La lecture est facilitée par l’utilisation de deux couleurs distinctes tout au long du livre. Un contrat a été récemment signé, autorisant la traduction de leurs livres en autrichien et en roumain alors que la compagnie n’a pas encore trois ans d’existence ! C’est dire que la présentation par opposition syllabique en couleur représente un potentiel perçu par l’industrie de l’édition jeunesse, mais encore peu exploré par les pédagogues à ce jour.

Source : Texte de Myriam Mathon, Orthophoniste
Publié dans le magazine JUNIOR
Vol. 13 no. 3 (Été 2006)




Voir "La carte du pirate" de la collection Atouludik
Voir "L'enfant et l'oiseau"